L’Alliance pour la planète quitte le processus de discussion sur les OGM

L’Alliance pour la planète quitte le processus de discussion sur les OGM
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article4901

Lors de la première réunion du comité de préfiguration de la Haute 
autorité sur les OGM, l’Alliance pour la planète (80 associations 
dont Greenpeace et le WWF), ainsi que la Confédération Paysanne, ont 
décidé de quitter le processus de discussion engagé. En effet, 
contrairement aux engagements pris en octobre à l’issue du Grenelle, 
le Gouvernement n’a pas activé auprès de la Commission européenne la 
clause de sauvegarde sur le Mon 810.
Non activation de la clause de sauvegarde

« La non activation de la clause de sauvegarde trahit l’esprit et les 
engagements du Grenelle. Nous ne cautionnerons pas un processus 
engagé sans concertation et en contradiction avec des décisions 
prises collectivement, y compris avec les représentants de la 
profession agricole. C’est la crédibilité et la légitimité du 
Grenelle qui se jouent ici ! déclare en sortant de la réunion Arnaud 
Apoteker, de Greenpeace, au nom de l’Alliance. Seule la notification 
de la clause de sauvegarde auprès de la Commission européenne 
pourrait nous permettre de réintégrer le processus de discussion. 
Compte tenu du nombre d’études parues depuis l’autorisation du Mon 
810 en 1998, c’est tout à fait possible. Et il s’agit de la seule 
façon de montrer que la France a pris une position claire sur ce 
dossier ! »

Pour l’Alliance pour la Planète, l’arrêté qui suspend la vente et 
l’utilisation du MON 810 jusqu’au 9 février est tout à fait ridicule. 
Prétextant la suspension de la culture en plein champ du maïs Mon 
810, il se contente de constater qu’il fait trop froid l’hiver pour 
planter du maïs...

«  Nous avons par ailleurs réitéré notre demande explicite au 
Ministre Borloo de confirmer avant le conseil des ministres du 19 
décembre les décisions prises lors du Grenelle, à savoir l’activation 
de la clause de sauvegarde et l’application stricte dans le projet de 
loi OGM du droit de produire et de consommer sans OGM » poursuit 
Arnaud Apoteker. »

Une loi qui légitime la contamination

De plus, le texte de loi en préparation sur les OGM est un texte qui 
organise la coexistence sans résoudre aucun des problèmes qu’elle 
pose. Or, la coexistence étant impossible, ce texte ne fera 
qu’organiser la contamination génétique à grande échelle. Sa 
préparation sans consultation des ONG et la procédure d’adoption 
parlementaire choisie (l’urgence) ne permettront pas de l’amender 
dans un sens qui soit respectueux de l’environnement.

Le projet de loi doit mettre en place des mesures de protection 
conformément au mandat qui lui est dévolu par l’Union européenne, et 
respecte en particulier les principes suivants :

- primauté d’une agriculture et d’une alimentation sans OGM ;

- respect du « sans OGM » en tant qu’absence effective d’OGM ;

- régime de responsabilité strict et sans faute, impliquant 
l’ensemble des opérateurs de la filière OGM, sur l’ensemble des 
préjudices directs ou indirects, immédiats ou différés, y compris 
lorsque la contamination ne vient pas d’un champ voisin et que son 
origine ne peut être identifiée avec certitude ;

- respect du droit à l’information préalable et à la participation du 
public et des collectivités territoriales ;

- évaluation indépendante, transparente et pluridisciplinaire des OGM.
Une Haute Autorité vendue aux semenciers

Enfin, la composition de la Haute Autorité sur les OGM dont la 
réunion de préfiguration se tient aujourd’hui, pose de très sérieux 
problèmes. « Tout semble avoir été décidé dans la précipitation : son 
rôle, ses moyens et sa composition ne sont ni clairs ni pertinents, 
ajoute Arnaud Apoteker. Celle-ci devrait être paritaire, or la 
société civile y est sous représentée. Nous revendiquons une 
représentation par groupes ou organisations et non ad persona. Par 
ailleurs, la présence de représentants de l’industrie OGM, qui ne 
peuvent être à la fois juge et parties, est inadmissible. »

L’Alliance pour la Planète ne veut plus servir de caution à un 
processus de discussion qui ne tient pas compte des souhaits des 
citoyens français : garantir le droit et la liberté de produire et 
consommer sans OGM.

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Article ajouté le 2007-12-19 , consulté 46 fois

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