organismes gênants pour les municipales (ogm)

Pas d'avancée sur le front des OGM avant les municipales
Magazine Challenges | 14.02.2008 
Duo de choc : Jean-Michel Lemétayer, 56 ans, président de la FNSEA et José Bové, 54 ans, syndicaliste de la Confédération paysanne et ex-candidat à la présidentielle

Jean-Michel Lemétayer, 56 ans, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), a une formule bien à lui pour définir les OGM : «Ce sont des organismes gênants pour les municipales.» Le meilleur lobby de France a confirmé son efficacité après l'adoption en première lecture par le Sénat d'un projet de loi qui autorise la culture des OGM dans l'Hexagone et clarifie les conditions d'indemnisation si des gènes modifiés se retrouvent dans des productions «non OGM». Le projet instaure aussi la création d'un «haut conseil des biotechnologies» présidé par un scientifique au lieu d'une «haute autorité sur les OGM», modification qui consacre la primauté des scientifiques, le plus souvent favorables aux biotechnologies. Victoire donc pour Lemétayer qui avait commencé fort sa campagne en menaçant de bloquer le débarquement de soja OGM américain dans les ports français. Car pour ce producteur de lait breton, «pour défendre notre indépendance, il faut des recherches nationales, y compris en plein champ». Pratique, cette bannière tricolore permet à la FNSEA de disjoindre son combat de celui de Monsanto, le leader mondial américain honni. Et d'ennoblir le combat de ses relais parlementaires, qui ont modifié le projet de loi initial pour en faire un texte «pro-OGM». Hélas, dès le lendemain, la parution d'un arrêté «pro-Bové» ruinait ses espoirs.

José Bové, 54 ans, syndicaliste de la Confédération paysanne et ex-candidat à la présidentielle, a remporté une victoire dans sa lutte anti-OGM. Début janvier, il entame une grève de la faim pour faire pression sur Nicolas Sarkozy et le pousser à interdire la culture des OGM. Impossible pour l'Elysée de laisser Bové occuper le terrain. Le président a préfère recourir à la clause de sauvegarde auprès de Bruxelles et geler la culture du seul OGM autorisé à la vente en France. Une interdiction entérinée le 9 février par le Journal officiel. Victoire ? Pas tout à fait. Car l'arrêté n'est conforme ni au projet de loi approuvé par le Sénat ni au droit européen. La victoire de Bové pourrait être remise en cause d'ici à avril, lors du vote final de la loi au Parlement... après les municipales.

par Paul Loubière


Article ajouté le 2008-02-19 , consulté 32 fois

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