ogm contre nucléaire...grenelle polichinel...
envoyé par bernard Blanc:
Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : où l'on voit à nouveau que,
lors du Grenelle de l'environnement, un accord a été conclu entre le
pouvoir et des "écologistes", au détriment de la lutte anti-
nucléaire. Cet accord nauséabond a déjà été reconnu par le sénateur
UMP Bizet.
Challenges - 06.03.2008
Livre : "Le divorce francais" - François de Closets, Fayard
Entre le peuple et les élites, rien ne va plus. Résultat : la France
est figée. Une théorie, certes, très répandue mais argumentée ici par
un vulgarisateur de talent. Extraits (p. 105 à 109).
«En France, le combat contre le nucléaire fut perdu parce qu'il se
heurtait à la technocratie. Le lobby était solidement retranché dans
ses forteresses, soumis à une protection de type militaire, et
pouvait compter sur le soutien indéfectible des pouvoirs publics. Les
manifestants avaient beau se rassembler devant l'usine de la Hague,
le retraitement du combustible irradié se poursuivait comme si de
rien n'était.
Rien de tel avec les OGM. Les recherches se font dans des
laboratoires ordinaires, et les chercheurs ne jouissent d'aucune
protection spéciale. Cette vulnérabilité décuple la hargne des
militants. L'ennemi est à leur portée, ils vont le traquer. Les
scientifiques qui conduisent des recherches en biotechnologies, qui
publient des rapports non alarmistes ou, à plus forte raison, qui
prennent position pour les OGM, font l'objet d'attaques personnelles.
Partout les budgets de recherche sont coupés.
Lors du Grenelle de l'environnement, l'écologisme politique a exigé
tout à la fois une sortie du nucléaire et un arrêt des OGM. Un double
refus opposé à ces revendications aurait déclenché un boycott qui
aurait remis en cause toute l'entreprise. Le gouvernement a donc fait
un marché : on ne touche pas au nucléaire, mais on s'entendra sur les
OGM. Au coeur de la discussion, le MON 810, un mais de Monsanto qui
intègre une fonction pesticide, la seule plante transgénique dont la
production soit autorisée par l'Europe.
Un défi pour les écologistes, qui entendent bien obtenir son
interdiction. Il s'agit d'éliminer ce précédent afin qu'il n'y ait
pas de suivant, que l'avenir d'une France sans OGM soit
définitivement scellé. La revendication est facile à satisfaire, car
ces cultures n'ont encore qu'un intérêt marginal pour le monde
agricole. Il est donc convenu de suspendre le sort du MON 810 à
l'avis d'une Haute Autorité provisoire sur les OGM. Selon son
jugement, la France maintiendra l'autorisation ou fera jouer la
clause de sauvegarde vis-à-vis de l'Europe afin de l'interdire. Lors
du Grenelle de l'environnement, tout le monde a bien compris qu'il
s'agit d'une procédure-prétexte qui doit conduire à l'interdiction
pure et simple. La décision est prise en fonction d'un rapport de
forces politique dans lequel les arguments scientifiques n'ont rien à
voir.
La cause est désormais entendue : le train des biotechnologies fonce
à toute allure et la France reste à quai. Pour compenser ce coup de
frein aux OGM, le gouvernement annonce 45 millions de crédits pour la
recherche sur les biotechnologies. Mais le moratoire est un signal
beaucoup plus fort que les promesses budgétaires. Nos équipes qui
comptaient parmi les meilleures du monde sont désarmées,
démobilisées, et n'ont le choix qu'entre s'expatrier ou se
reconvertir. Nos entreprises vont abandonner les semences et, si
possible, délocaliser leur recherche. Quant aux grandes sociétés
multinationales, Monsanto en tête, elles ne peuvent que se réjouir de
voir disparaître la concurrence française. Elles poursuivront leurs
recherches partout dans le monde et, après avoir pris nos marchés à
l'exportation, finiront par nous vendre leurs produits certifiés OGM.»

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