"Mais Pourquoi Tant De Haine Pour Les OGM?"
11.03.2008
"Mais Pourquoi Tant De Haine Pour Les OGM?"
Je ne sais pas si tu connais François Sergent, de "Libération"?
Il est (notamment) fameux dans la Beauce, où un dicton rural dit que: "Si qu'tu lis du Sergent, tu ris assurément".
Et en effet, pas plus tard que ce matin, Sergent pose, dans "Libé" donc, la question suivante - je te promets que je n'invente rien: "Mais pourquoi tant de haine pour les OGM y compris chez un célèbre fumeur de pipe alors que le tabac, dont la mortelle nocivité est prouvée, n'est pas interdit?"
Allez, je te la remets, c'est trop bon: "Mais pourquoi tant de haine pour les OGM y compris chez un célèbre fumeur de pipe alors que le tabac, dont la mortelle nocivité est prouvée, n'est pas interdit?"
(Applaudissements nourris de Claude Allègre, scientifique de (très) gros niveau et de renom planétaire, dont les travaux sur le tournage de veste en milieu (stérile) social-démocrate, notamment, font autorité.)
Si on était sympas, sais-tu ce qu'on ferait?
On enverrait une bafouille à Sergent, pour lui expliquer par exemple, avec des mots simples, qu'il y a tout de même deux, trois minuscules différences, entre l'altermondialiste pipu qui fait librement le choix de se déposer des saloperies sur les artères (parole de fumeur compulsif), et le consommateur qui soudain réalise, mais un peu tard, qu'on lui a fourré dans le gosier, par le biais de son pain quotidien, mais en oubliant de le prévenir que son inocuité pour l'homme restait (pour le moins) à démontrer, de la boue transgénique.
On lui dirait, Sergent, sauf vot'respect, la grosse différence, quand même, c'est qu'on sait finalement que fumer nuit gravement à notre santé, ainsi qu'à celle de notre entourage - mais qu'on attend toujours, sur nos boîtes de conserves, l'étiquette qui nous préviendra que les rats de laboratoire nourris aux gènes modifiés ont, vous ne venez pas de manger, au moins, Sergent?
"Des cerveaux, des foies et des testicules moins développés" que les autres, "ainsi que des tissus atrophiés, notamment dans le pancréas et l'intestin".
(Et que "par ailleurs" ils souffrent d'"une prolifération des cellules dans l'estomac et cela est inquiétant, parce que cela peut faciliter le développement de tumeurs causées par des produits chimiques".)
Mais le mieux qu'on puisse faire est de conseiller à Sergent de lire, et vite encore, ce livre - où j'ai pioché la délicieuse histoire des couilles des rats OGMisés:
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"Le Monde selon Monsanto", par Marie-Monique Robin, qui vient de paraître aux éditions La Découverte.
(A chaque fois que je les cite, les éditions La Découverte me versent 40.000 euros sur un compte numéroté, à Jersey.
Attention: La Découverte, La Découverte, La Découverte.
Je viens de me faire 120.000 euros, putain, c'est pas rien.)
Monsanto est, comme tu sais, le numéro 1 mondial des OGM - après avoir été un gros producteur d'herbicides, comme l'agent orange, dont la glorieuse armée yankee fit au Viêt-nam, et sur la gueule des populations locales, un usage intensif.
(C'est vraiment des gens biens.)
Marie-Monique Robin "reconstitue" dans son bouquin "la genèse" de cet "empire industriel qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusions avec l'administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu le premier semencier du monde".
(Là je me foule pas, je recopie l'argumentaire de l'éditeur.
La Découverte.
Hop, 40.000 euros de plus.)
Je viens de finir sa lecture, et tu me connais: je n'ai que peu d'affection pour les capitalistes, mais au sortir de ces 371 pages d'horreur pure, j'ai l'impression de redécouvrir à quel point ils sont immondes (et combien il urge que l'Histoire les balaie).
Alors ce que tu vas faire (si tu ne veux pas que je donne des OGM à ton chien), c'est que tu vas, ce soir, regarder, sur Arte, le reportage, éponyme, de Marie-Monique Robin - qui a fait un film, en même temps qu'un livre.
Et après, naturellement: tu vas te précipiter chez ton libraire.
Et quand t'auras fini le bouquin, tu le feras lire à ton voisin, qui le fera lire à son voisin, qui le fera lire à son voisin, qui le fera lire à son voisin.
(T'as compris, ou je continue encore sur vingt lignes?)
Histoire que personne, à la fin, ne puisse dire, aaaaah mais désolé, aaaaah mais je savais pas.
Histoire que personne, à la fin, ne puisse demander, pour le plus grand bonheur de Monsanto: "Mais pourquoi tant de haine pour les OGM?"

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