Monsanto accusée de décharge illégale de produits toxiques en Grande
mercredi 9 avril 2008 (08h53) :> Monsanto accusée de décharge illégale de produits toxiques en Grande
> Bretagne.
>
> de John Vidal
>
> Il apparaît que l’entreprise de chimie Monsanto a payé des sous-
> traitants
> pour rejeter des milliers de tonnes de déchets hautement toxiques
> dans des
> décharges britanniques, tout en sachant que ses produits chimiques
> étaient
> susceptibles de contaminer faune et population. Hier, l’Agence pour l’
> Environnement a dit avoir lancé une enquête après qu’on se soit
> aperçu que
> les produits chimiques polluaient la nappe souterraine et
> l’atmosphère 30
> ans après leur mise en décharge.
>
> D’après l’agence, il pourrait en coûter jusqu’à 150 millions
> d’euros pour
> dépolluer un site du sud du Pays de Galles qualifié de "l’un des plus
> contaminés" du pays.
>
> Un précédent rapport au gouvernement passé inaperçu montre que 67
> produits
> chimiques, incluant des dérivés d’agent Orange, des dioxines et des
> PCB qui
> n’ont pu être fabriqués que par Monsanto s’échappent d’une carrière
> non
> étanche qui n’a pas été homologuée pour recevoir des déchets
> chimiques.
>
> La carrière Brofiscin aux abord du village de Groesfaen, près de
> Cardiff, s’
> est mise à exhaler des vapeurs alentour, mais la communauté n’a
> guère été
> informée de la réalité de ce qui se trouvait enfoui. Hier, le
> gouvernement a
> été critiqué pour n’avoir pas informé sur l’ampleur et la nature
> exacte de
> cette contamination.
>
> Douglas Gowan, expert en pollution, qui a produit le premier rapport
> officiel concernant la carrière Brofiscin en 1972 après
> l’empoisonnement de
> neuf vaches, a déclaré :« Les autorités connaissent la situation
> depuis des
> années mais n’ont rien fait. Il est évident qu’il y a eu non seulement
> négligence et incompétence totale, mais dissimulation, et le
> problème s’est
> développé, sans contrôle. »
>
> Beaucoup de l’information récente concernant les activités de
> Monsanton en
> Grande Bretagne dans les années 60 et 70 provient de documents
> déclassés aux
> Etats-Unis et de documents internes à l’entreprise non publiés
> auparavant.
> Ils montrent que l’entreprise savaient, à partir de 1965 que les PCB -
> utilisés comme retardeurs de flammes et isolants - fabriqués aux
> Etats-Unis
> et dans son usine de Newport, dans le sud du Pays de Galles, sous
> la marque
> Aroclor, se concentrent dans le lait maternel, les rivières, les
> poissons,
> les fruits de mer, la faune et la flore.
>
> Les documents montrent qu’en 1953, des chimistes de l’entreprise
> ont testé
> les PCB sur des rats et ont découvert que, en doses moyennes, ils
> tuaient
> plus de 50% des cobayes. Malgré cela, l’entreprise a continué à
> produire des
> PCB et a rejeté les déchets au Pays de Galles jusqu’en 1977, plus
> d’une
> décennie après qu’il soit établi que la contamination des
> populations et de
> l’environnement ne faisait aucun doute. Un haut comité au sein de l’
> entreprise, informé de la contamination du lait, des poissons, des
> oiseaux
> et de la faune de par le monde, y compris en Grande-Bretagne, s’est vu
> confiée la tâche en 1968 d’évaluer les options s’offrant à
> Monsanto . « Dans
> le cas des PCB l’entreprise est confrontée à un barrage de publicité
> négative ... il sera impossible de nier la présence et la
> persistance d’
> Aroclors. Les pressions publiques et légales pour mettre éliminer et
> prévenir une contamination globale sont inévitables et ne pourront
> probablement pas être contenues avec succès » écrivait le comité.
>
> Le rapport, qui a été montré à une douzaine de personnes seulement,
> disait :
> « Les choix possibles sont, ne rien dire ni faire ; faire
> diversion ; cesser
> immédiatement la production d’Aroclors ; réagir de manière
> responsable, en
> admettant la preuve grandissante de contamination
> environnementale ..." Une
> note griffonnée à la fin du document concluait : « La Grande
> Question ! Que
> dire à nos clients ... essayer de continuer les affaires ou aider les
> clients à nettoyer leur usage. »
>
> Monsanto a arrêté de produire des PCB aux Etats-Unis en 1971, mais le
> gouvernement du Royaume-Uni, qui connaissait les dangers des PCB
> pour l’
> environnement dès les années 60, a autorisé leur production au Pays de
> Galles jusqu’en 1977.
>
> Hier Monsanto, qui s’est divisé en plusieurs entreprises distinctes
> depuis
> 1997, a déclaré dans un communiqué : « Au nom de Pharmacia Corp (une
> ancienne filiale), Monsanto gère les questions en lien avec la
> fabrication
> passée de PCB au Pays de Galles. Nous continuons à travailler avec le
> ministère de l’environnementgallois et d’autres instances de
> régulation pour
> régler ces questions. Une étude complète ... montrera que Pharmacia a
> vraiment informé ses sous-traitants de la nature des déchets avant
> leur mise
> à disposition et que Pharmacia n’a pas déchargé de déchets de ses
> propres
> véhicules. » Solutia, la filiale de Monsanto qui possède maintenant
> le site
> de Newport, a expliqué qu’elle fournissait à Monsanto et aux instances
> réglementaires "les informations requises".
>
> L’Agence pour l’Environnement du Pays de Galles a dit étudier le
> contenu du
> site. « C’est l’un des sites les plus contaminés du Pays de Galles
> et il est
> prioritaire d’y porter remède vu qu’il est très proche des
> habitations, » a
> déclaré John Harrison, le directeur de l’agence de la région de
> Taff/Ely.
> « Il y a une pollution de l’eau, mais nous ne pensons pas qu’il y
> ait, pour
> le moment, de danger pour la santé des hommes. Nous avons dépensé
> environ
> 1.200.000 euros jusqu’à présent à enquêter sur place. Notre équipe
> juridique
> rassemble les preuves et nous essayons d’évaluer les coûts. »
>
> Traduit de The Guardian - Monsanto Dumped Toxic Waste in UK by John
> Vidal-12/02/2007

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