Stéphanie Muzard, écocitoyenne, artiste et paysanne

Stéphanie Muzard, écocitoyenne, artiste et paysanne

pétition contre le 1er forage gaz de schiste en Algérie

A l'attention de :
tous les sympathisants et défenseurs de l'environnement


Auteur : Kacem MOUSSA
Université d'Oran
31000 Oran
Algérie
00.213.551.71.33.12

Site web / Website :
https://www.facebook.com/
events/453729797973546/


Début : 13/06/12
Fin : 13/06/13


Signataires : 554

 

"Faisant fi aux déontologies et recommandations des instances internationales qui travaillent pour la sauvegarde et protection de l'environnement, l'Algérie vient d'accomplir, par le biais de la SONATRACH un virage irresponsable en procédant au forage du premier puits de gaz de schiste.
Donc, un appel est adressé à toute ou tout jaloux de l'environnement et de l'écologie à dire non à l'exploitation du gaz de schiste, et ce au vu de ce que nous possédons comme réserves d'énergies (pétrole, gaz etc) fossiles dans notre Sahara, dans notre littoral et aussi en off shore (est, centre et ouest). Nous devons leur dire aussi, cessons de faire plaire aux américains en optant continuellement au copié-collé, pour rendre service uniquement aux sociétés multinationales qui ne cessent de nous agacer et détruire notre économie."

 

Pétition : pétition contre le lancement du premier forage de gaz de schiste dans le bassin de l'Ahnet (Algérie)

 

 

Le gaz de schiste : des chiffres et des vérités

Mots clés : , , ,

Par Le Matin DZ | 14/10/2012 08:31:00 | 2510 lecture(s) | Réactions (2)
 

Les quelques études et expertises menées par des organismes internationaux, notamment celles de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), des boîtes pétrolières comme Total et d’autres institutions (ministères d’écologie) ont permis d’avoir une idée plus ou moins claire sur les réserves mondiales en général et celles de notre pays en particulier.

Les dégâts écologiques de l'exploitation du gaz de schiste sont énormes.

Ces travaux indiquent les dossiers d’exploration et/ou d’exploitation de schiste ont été différemment traités et gérés par la suite, et ce bien entendu, en totale dépendance des caractéristiques des pays concernés. Deux pays-phares élucident bien la situation, les Etats-Unis d’Amérique où les lobbies industriels se montrent très musclés, le gouvernement ayant décidé de passer rapidement à l’action en exploitant des milliers de forages. En France, c’est tout à fait l’inverse, les mouvements et organisations écologiques sont tellement forts et efficaces, sont arrivés à courber l’échine au gouvernement. Quoique l’on dise sur les estimations de réserves, elles demeurent pour le moment le seul moyen d’apprécier les quantités de gaz de schiste présent dans notre sous-sol et ceux des autres contrées du monde.

I/Données réserves :

Selon certaines estimations, sur les 448.000 milliards de m3 de réserves mondiales, l’Amérique du Nord détient le record avec les 106.400 milliards de m3, ensuite vient l’Afrique avec ses 72.000 milliards de m3, l’Asie qui vient en troisième position avec ses 70.000 milliards de m3. La quatrième position est décernée à l’Amérique du Sud avec les 58.000 milliards de m3. Nous pouvons facilement constater qu’à la fin de cette contribution, nous pouvons remarquer qu’il y a d’autres estimations, ce qui indique bien que les calculs de réserves peuvent être différemment appréciés.

II/Conséquences de l’exploitation de gaz de schiste sur l’environnement :

C’est vers l’année 2010 que les décideurs, experts et spécialistes commencent à enregistrer les vrais incidents sur l’environnement des différentes exploitations de gaz de schiste qui ont été menées aux Etats Unis d’Amérique (USA), nous pouvons en citer ;

- Les fuites importantes de gaz dans l’atmosphère
- La contamination des nappes phréatiques
- Les impacts sur la santé publique

Dans ce lot de dangers accomplis, les USA détiennent la majorité avec notamment ses 493000 forages d’exploitation qui sont générateurs de multiples incidents imprévisibles et prévisibles. L’Europe et l’Afrique ne sont qu’à l’étape de l’exploration, mais la prise de décision n’est jamais faite avec les populations où le grand absent est toujours le débat ou l’enquête d’intérêt public. En France, sous les pressions de la société civile, des ONG et associations écologiques, le gouvernement ayant interdit, par le biais de la loi du 13 juillet, l’utilisation de la fracturation hydraulique.

Si la France et tant d’autres pays avancés technologiquement ne possèdent pas l’expertise aussi forte en forage horizontale et en fracturation hydraulique, alors qu’en est-il pour les pays en développement comme ceux de l’Afrique, notamment notre pays et la Tunisie ? Ces pays en évitant les pressions de leurs peuples préfèrent recourir à la désinformation en avançant des exploitations ou extractions sans danger comme cela a été déclaré dernièrement par notre premier ministre, soudainement ils parlent de fracturation pneumatique, fracturation exothermique, fracturation par GPL13, fracturation par arc électrique ou fracturation électrique de géomatériaux.

La seule vraie fracturation est celle dite hydraulique, on y utilise des fluides de fracturation (eau principalement) qui sont évalués par puits de 10000 à 20000 m3 (donc 90%), des agents de soutènement (sable principalement), évalués de 800 à 900 m3 pour un volume d’eau de 15000 m3 (c'est-à-dire par puits), ce qui constitue un pourcentage de 0,5% et enfin des additifs représentés par 500 à 700 produits chimiques (0,5%) dont 29 produits sont qualifiés de cancérigènes.

III/Risques liés à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste :

Des dizaines de risques peuvent être énumérés, mais les plus importants lors du début de l’exploitation ou de l’exploration sont ;
- Les risques multiples : destruction des paysages et pollution des secteurs de forage, à cela, il faut ajouter les importantes quantités d’eau nécessaires à la fracturation hydraulique.
- Les opérations techniques sont plus nombreuses et plus complexes dans le cas de fracturation hydraulique qu’avec les forages traditionnels.
- Les risques sont liés à l’utilisation des additifs de fracturation et à des problèmes éventuels de fuites de tubage et de percolation des produits liés à l’extraction avec des nappes phréatiques et liées aux obligations des opérateurs vis-à-vis de la législation.
-
IV/Risques, contraintes et conséquences de l’extraction des gaz de schiste :

 Les risques post-exploitation sont encore plus dévastateurs, nous citons ce qui suit ;
- Détérioration/destruction du cadre paysager, dégradation de la qualité des paysages : forage d’un grand nombre de puits (tous les 200 à 500 m aux USA).
- Risque pour l’eau potable (pollution des nappes phréatiques, pollution des sources minérales profondes).
- Contamination des nappes phréatiques superficielles par des gaz et des fluides de fracturation (défaut de cimentation de la partie supérieure du forage).
- Volumétrie de l’eau nécessaire à la fracturation (entre 9000 et 20000 m3 par forage selon les sources Total-Ministère de l’écologie français).
- Traitement des effluents
- Traitement et rejets/re-largage des résidus d’effluents, composés chimiques du cocktail d’hydro-fracturation+composés chimiques des sols en place (métaux lourds, radionucléides, radon, uranium, radium etc.…).
- Les équipements industriels qui gèrent l’extraction des gaz de schiste (phase de prospection ou de production) peuvent être soumis à des accidents ou à des risques naturels : explosions, incendies, précipitations, tempêtes, orages cévenoles, inondations, séismes et.
- Les couches de schiste qui ont la plus grande productivité sont également celles qui ont un fort rayonnement gamma naturel, donc risque pour la santé.
- Incendies et explosions accidentels ou criminels des puits
- Fuites de gaz dans l’environnement ; le rejet accidentel de CH4 dans l’atmosphère accroit les GES.

V/Situation des activités d’exploration et/ou d’exploitation des schistes dans quelques pays et continents

Nous avons délibérément choisi deux continents Europe et Afrique, et comme pays la France pour le premier et les pays de l’Afrique du Nord pour le second.

En Europe :

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime l’existence de 36 trillions de m3 de gaz conventionnel et de 14 trillions m3 de gaz non conventionnel. En France, le sujet a fait la «une» de l’actualité au cours de l’hiver 2010-2011. Les opinions publiques, les acteurs politiques locaux et associatifs ont été très mobilisés pour dénoncer les risques potentiels de démarrage des explorations de gaz de schiste. On retiendra plusieurs arguments : le risque de pollution liée à l’usage des produits chimiques utilisé lors de la fracturation hydraulique avec les risques sur la santé, d’autre part la question de l’eau nécessaire dans des régions où l’eau est déjà rare, le risque de dénaturation des paysages, l’absence de débat public sur la question (conformité au code minier), l’incohérence entre la gestion locale (en particulier axée sur le développement touristique) et la gestion nationale. Face à la détermination de la mobilisation, les pouvoirs ont pris l’initiative de faire des sondages, enquêtes etc. selon un sondage, 91% des français ont recommandé. Plutôt l’énergie solaire, 81% pour l’énergie éolienne et 69% pour l’énergie hydraulique.
A ce jour, aucun forage d’exploration n’a été effectué sur des gisements potentiels de gaz de schiste.

En Afrique :

Du fait de l’état actuel du développement de l’Afrique, et pour certains pays de l’instabilité, on peut considérer que s’il va y avoir développement d’exploitation de gaz de schiste, il va donc profondément influencer la donne, tant au niveau micro qu’au niveau macro-économique et géopolitique. Comme pour l’Australie, la question de la ressource en eau pour les opérations de fracturation hydraulique va se poser de façon criante dans des zones qui en possèdent peu. En Afrique du Sud, les réserves de schiste sont évalués à 13700 milliards de m3, donc première réserve pour l’Afrique. Comme pour la France, l’Afrique du Sud ayant recouru à un moratoire pour expliciter les dangers et risques majeurs de l’exploitation de gaz de schiste par fracturation hydraulique, ce moratoire court jusqu’en 2013.

En Libye, les réserves sont estimées à 8200 milliards de m3, donc c’est la seconde réserve africaine de gaz de schiste et première en  Afrique du Nord.
Dans le contexte d’instabilité politique et militaire, il est difficile de prévoir l’évolution de la situation, l’état et le devenir des accords engagés s’il y en a eu bien entendu.

En Algérie, les réserves sont évalués à 6500 milliards de m3, donc troisième réserve africaine et deuxième pour l’Afrique du Nord. Le groupe Sonatrach et le groupe ENI ont signé en avril 2011 un accord pour l’exploitation de gaz de schiste.
Une année après, au mois de mai, le groupe Sonelgaz signe un accord avec un groupe américain pour l’exploration du premier forage d’exploration de gaz de schiste dans le bassin de l’Ahnet (frontière avec la Lybie).

Suite à l’annonce de cette information, plusieurs pétitions ont été signées en Algérie et à l’étranger en vue tout simplement d’arrêter même cette campagne d’exploration qui aurait les mêmes  conséquences et risques qu’une véritable exploitation.
L’évolution de la situation peut aller à la véritable exploitation si l’adoption de la loi des hydrocarbures modifiée serait accomplie par le parlement et le sénat algériens.

En Tunisie, les réserves ont été évaluées à 510 milliards de m3, elle vient donc en quatrième position en Afrique et troisième en Afrique du Nord. Le gouvernement ayant signé un accord avec le groupe SHELL en vue de rentrer directement à l’exploitation, ce qui va automatiquement engendré des implications et risques sur les paysages et environnement algériens.

Au Maroc, les réserves ont été évaluées à 311 milliards de m3, mais ce qui est malheureux pour ce pays, on ne dispose d’aucune donnée ou informations fiables concernant la signature des accords ou contrats d’exploration et/ou d’exploitation.

Au Sahara occidentale, les réserves sont de 198 milliards de m3, mais ces gisements sont, comme on s’y attendre, revendiqués par le Maroc pour pouvoir augmenter ces réserves dans la région.

En Mauritanie, la situation est à l’inverse des prévisions puisque les réserves ont été évaluées à zéro mètre cube de gaz de schiste, ce qui encourage ce pays à recourir plutôt aux énergies renouvelables.

Mais tout de même une remarque s’impose, est ce que réellement il n’y a pas de réserves ou bien les moyens de calculs de ses réserves ont été tout simplement faussées.
A la fin, nous pouvons donner les réserves par continent ;
- Ensemble Amérique du Nord : 54676 milliards m3
- Ensemble Asie : 39 329 milliards m3
- Ensemble Amérique du Sud : 34 686  m3
- Ensemble Afrique : 29 504 milliards m3
- Ensemble Europe : 18 093 milliards m3
- Australie : 11 213 milliards m3.

Le total des réserves mondiales en gaz de schiste est évalué à 223 573 milliards m3.

Dr Moussa Kacem
Maître de Conférences à l'université d'Oran
Expert en Environnement
Expert en mines et carrières

 

 

source : http://www.lematindz.net/news/9884-le-gaz-de-schiste-des-chiffres-et-des-verites.html#.UIPCC-WHtVh.facebook



21/10/2012
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